Des chercheurs détectent un affaissement du sol à La Mecque sur 9 ans

2026.06.30 - 10:44
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 Une étude scientifique récente a mis en évidence un affaissement progressif dans certaines zones de la ville sainte de La Mecque, attribué à l’exploitation intensive des eaux souterraines. Le phénomène atteint un taux moyen d’environ 4 centimètres par an, avec des pics allant jusqu’à 15,2 centimètres dans certaines zones, selon des mesures basées sur l’imagerie satellitaire entre 2016 et 2025.

L’étude, menée par le chercheur Yahya Makki du département de géomatique de la faculté d’architecture et de planification de l’Université King Abdulaziz, et publiée dans la revue Civil Engineering Journal, indique que cet affaissement est lié à la compression des couches sédimentaires saturées en eau lorsque le niveau des nappes phréatiques baisse sous l’effet du pompage intensif.

Selon les conclusions, la région de La Mecque dépend fortement des eaux souterraines pour répondre aux besoins en eau potable et en agriculture, tandis que la consommation dépasse la capacité de recharge naturelle des aquifères, ce qui accentue le compactage des sols dans certaines zones.

Les résultats montrent que les taux d’affaissement les plus élevés se concentrent dans les zones géologiques comprenant la formation d’Al-Abassah ainsi que les unités rocheuses de type diorite–pyroxénite. Ces formations sont associées à une augmentation de la subsidence lorsque l’extraction d’eau s’intensifie.

La formation d’Al-Abassah, située à l’est et au sud-est de La Mecque, est composée de couches sédimentaires anciennes incluant grès, argile et gravier. Elle possède une forte capacité de stockage des eaux souterraines, mais devient plus vulnérable à la compression lors d’une exploitation excessive.

Les roches de type diorite–pyroxénite, parmi les plus anciennes formations géologiques de l’ouest de la péninsule arabique, présentes dans le bouclier arabe et les zones montagneuses environnantes, contiennent des fissures et failles naturelles stockant l’eau souterraine. La diminution du niveau de l’eau peut toutefois modifier la répartition des contraintes dans la roche, entraînant des mouvements localisés ou un affaissement progressif.

L’étude précise que ce phénomène ne représente pas un danger immédiat pour la ville de La Mecque, son évolution étant lente et dépendant des structures géologiques ainsi que des volumes d’extraction, sous surveillance des autorités compétentes.

Les chercheurs ont utilisé la technologie radar à synthèse d’ouverture (SAR) embarquée sur les satellites Sentinel-1A et Sentinel-1B de l’Agence spatiale européenne, permettant de détecter des variations du sol à une précision de l’ordre du millimètre.

L’analyse des données sur neuf ans a permis de corréler les variations du sol avec les volumes de prélèvement d’eau souterraine, confirmant un lien direct entre surpompage et affaissement.

Les experts estiment que cette étude constitue un exemple avancé d’utilisation de la télédétection, combinant données satellitaires, informations géologiques et hydrologiques pour améliorer la surveillance des phénomènes terrestres.

L’étude recommande plusieurs mesures, notamment la mise en place de programmes de recharge artificielle des aquifères via les eaux pluviales ou les eaux traitées, afin de restaurer la pression souterraine et réduire la compaction des sols.

Elle propose également des modèles numériques de gestion de l’exploitation des eaux souterraines, définissant des seuils de sécurité pour chaque puits, ainsi qu’un suivi continu par imagerie radar pour détecter les changements précoces.

Enfin, elle insiste sur la nécessité de réduire la dépendance à l’eau souterraine dans l’agriculture, de développer l’usage des eaux dessalées et traitées, et d’adopter des techniques d’irrigation modernes afin de préserver les aquifères et limiter les risques d’affaissement à long terme.

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