Escalade des attaques contre les journalistes au Yémen

2026.06.30 - 10:25
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 L’Organisation nationale des journalistes yéménites « Sada » a révélé que plus de 90 journalistes et professionnels des médias ont été tués au Yémen depuis le déclenchement de la guerre il y a près de 12 ans, avertissant d’une intensification des violations visant les travailleurs des médias, dans un contexte d’appels à l’ouverture d’enquêtes indépendantes et à la poursuite des responsables.

Dans un communiqué publié lundi, l’organisation a fait cette déclaration à la suite d’un sit-in organisé dans la ville de Marib, auquel ont participé des dizaines de journalistes et de militants pour dénoncer les attaques continues contre les libertés médiatiques.

Les participants ont brandi les photos de plusieurs journalistes ayant perdu la vie durant les années de guerre, parmi lesquels le correspondant de la chaîne Al Arabiya, Mohammed Aïda, tué mercredi soir dans l’explosion d’un engin explosif visant son véhicule dans la ville de Mukalla, dans le gouvernorat de Hadramout.

La chaîne Al Arabiya a indiqué que les services de sécurité de Mukalla avaient averti Aïda, environ un mois avant sa mort, de menaces pesant sur sa vie et l’avaient exhorté à les prendre au sérieux, après avoir reçu des menaces répétées au cours de la période précédente.

Concernant le bilan des violations, l’organisation Sada a précisé avoir documenté plus de 90 cas de meurtre de journalistes et de professionnels des médias depuis le début de la guerre au Yémen, dont 32 cas en 2025 et deux autres durant le premier semestre de 2026.

Elle estime que ces chiffres reflètent une intensification du ciblage des journalistes, des tentatives d’imposer un vaste blackout médiatique et l’enracinement d’une politique d’impunité, ce qui a contribué à la détérioration de l’environnement médiatique indépendant et fait du Yémen l’un des pays les plus dangereux pour les journalistes.

L’organisation a appelé à la mise en place d’enquêtes internationales et locales urgentes, indépendantes et transparentes sur tous les crimes visant les journalistes, ainsi qu’à la traduction des responsables en justice et à la garantie de la fin de leur impunité.

Le meurtre de Mohammed Aïda a suscité de واسعة condamnations, notamment de la part des États-Unis, de l’Union européenne, de la Fédération internationale des journalistes, de l’envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen Hans Grundberg, de l’ambassade de France au Yémen, ainsi que du coordinateur résident des Nations unies et coordinateur humanitaire Laurent Bukera.

Le président du Conseil de القيادة présidentiel yéménite, Rashad al-Alimi, a ordonné la formation d’une commission d’enquête de haut niveau sur les circonstances de l’assassinat de Mohammed Aïda.

Selon l’agence de presse officielle yéménite « Saba », la commission comprend des représentants du ministère de l’Intérieur, des services de sécurité de l’État et du renseignement militaire, en coordination avec une commission formée par les autorités locales du gouvernorat de Hadramout.

Al-Alimi a également été informé des rapports préliminaires sur l’attaque et des mesures de sécurité prises pour traquer les auteurs et les traduire en justice.

Sur le plan sécuritaire, le gouvernorat de Hadramout a connu des évolutions ces derniers mois, après que les forces gouvernementales ont repris en janvier 2026 le contrôle de Hadramout et Al-Mahra à la suite d’affrontements avec les forces du Conseil de transition du Sud, qui a ensuite annoncé sa dissolution.

Les organisations de défense des droits humains et des médias continuent d’alerter sur la détérioration de la situation des journalistes au Yémen, affirmant que la poursuite du ciblage des professionnels des médias menace la liberté de la presse et entrave le droit du public à l’information dans un contexte de conflit prolongé et de multiplicité des acteurs armés.

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