L’Iran a affirmé qu’elle mènera seule les opérations de déminage dans le détroit d’Ormuz, conformément à un mémorandum d’accord avec les États-Unis, rejetant toute participation d’autres pays à ce processus, tout en niant l’existence de discussions imminentes avec Washington dans les prochains jours.
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a déclaré que Téhéran ne permettrait à aucun acteur de participer au déminage dans le détroit « par principe », soulignant que la situation à Ormuz est « sensible et complexe », tout en critiquant la France à la suite de ses récentes déclarations sur la liberté de navigation.
Cette position intervient après une déclaration conjointe publiée à Paris à l’issue d’une rencontre entre le président français Emmanuel Macron et le sultan d’Oman Haitham bin Tariq, dans laquelle ils ont souligné l’importance de garantir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz sans conditions ni restrictions, ainsi que la nécessité de coopérer avec les parties concernées et de mener des opérations conjointes de déminage.
Les tensions persistent entre l’Iran et les États-Unis, la question de la navigation dans le détroit restant l’un des principaux points de désaccord, alors que les négociations techniques liées à la mise en œuvre du mémorandum d’accord entre les deux parties sont au point mort.
Le positionnement omanais a connu des variations ces derniers jours, Mascate ayant évoqué une coordination avec Téhéran sur des arrangements de gestion de la navigation, avant d’annoncer son refus d’imposer des frais de transit aux navires et de dévoiler un corridor maritime temporaire.
De son côté, Téhéran affirme que le corridor longeant ses côtes constitue la route officielle de navigation, illustrant les divergences persistantes sur les mécanismes de gestion du passage dans le détroit.
L’agence iranienne Fars News Agency a indiqué que le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz a diminué ces derniers jours, après des attaques visant deux pétroliers près du détroit, précisant que le transit se poursuit à un rythme limité et que la majorité des navires emprunte le corridor défini par l’Iran.
Par ailleurs, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a démenti l’existence de toute réunion prévue avec les États-Unis dans les prochains jours, affirmant que la visite d’une délégation technique iranienne au Qatar cette semaine n’a aucun lien avec d’éventuelles visites de responsables américains à Doha.
Il a précisé que l’Iran n’a pas entamé de négociations pour un accord final, sa priorité actuelle étant la mise en œuvre des dispositions du mémorandum d’accord avant toute nouvelle phase de négociation.
Kazem Gharibabadi a également rejeté les informations faisant état de réunions techniques imminentes entre l’Iran et les États-Unis, affirmant qu’aucune date ni lieu n’a été fixé pour le prochain cycle de discussions, et que les consultations avec le Qatar se poursuivront.
Ces déclarations interviennent après l’annonce du président américain Donald Trump selon laquelle une réunion sur l’Iran se tiendrait mardi à Doha, sans autres précisions, tout en réitérant que Téhéran ne disposera pas d’armes nucléaires.