Le gouvernement irakien a fixé la fin du mois de septembre prochain comme date limite pour les groupes armés afin de remettre leurs armes à l’État, dans le cadre d’un plan visant à limiter la détention d’armes aux seules institutions officielles, parallèlement à la date prévue pour la fin de la présence des forces de la coalition internationale en Irak.
Le porte-parole du gouvernement irakien, Haider Al-Abadi, a indiqué que le 30 septembre serait la dernière échéance pour la remise des armes, précisant que cette date coïncide avec le retrait complet des forces de la coalition internationale.
Le Premier ministre Mohammed Shia Al Sudani a affirmé, lors de sa rencontre avec les ambassadeurs de l’Union européenne, que la limitation des armes aux seules mains de l’État n’est « pas un simple slogan », mais une politique déjà engagée par le gouvernement et qui se poursuivra parallèlement au retrait complet des forces de la coalition.
Il a ajouté que son gouvernement cherche à faire de l’Irak « un point de rencontre et non un point de conflit », à travers une politique d’ouverture à la coopération internationale, le renforcement des partenariats économiques avec les entreprises européennes, ainsi que des réformes juridiques et économiques visant à développer l’économie nationale.
Cette annonce intervient malgré des déclarations récentes de certains groupes armés exprimant leur volonté de placer leurs formations sous l’autorité de l’État, sans traduction concrète sur le terrain à ce stade.
Des groupes tels que les Asaib Ahl al-Haq, les Saraya al-Salam et l’Imam Ali Brigades ont exprimé leur acceptation du principe de monopole de l’État sur les armes, tandis que d’autres factions comme Kataib Hezbollah et le mouvement Al-Nujaba ont rejeté l’idée de remettre leurs armes.
La majorité des autres factions, environ 69 au sein des Forces de mobilisation populaire, n’ont pas encore clarifié leur position.
Selon une source militaire irakienne, les ministères de la Défense et de l’Intérieur n’ont pas encore reçu d’armements stratégiques tels que des missiles à longue portée ou des drones, malgré les pressions américaines et occidentales concernant ces équipements.
Les mesures mises en œuvre jusqu’à présent se sont limitées à des inventaires partiels d’armes classiques, sans transfert réel d’armements lourds vers les institutions de l’État.
Bagdad fait face à des pressions extérieures croissantes concernant les armes capables d’opérations transfrontalières, alors que le gouvernement tente de convaincre certains groupes de se retirer de zones sensibles comme Jurf al-Sakhr, Al-Awja et Al-Awiesat.
Certains groupes, notamment Kataib Hezbollah et d’autres formations, conditionnent leurs décisions à des considérations politiques et idéologiques liées à l’Iran, ce qui complique la mise en œuvre du plan gouvernemental.
Les observateurs estiment que le respect de cette échéance représente un défi majeur pour le gouvernement, en l’absence de signes concrets de remise des armes lourdes et face à l’incertitude entourant l’exécution du plan, dans un contexte lié au retrait des forces de la coalition.
Le Premier ministre Mohammed Shia Al Sudani doit également se rendre à Washington le mois prochain, une visite qui pourrait déboucher sur de nouveaux accords influençant l’avenir de la présence militaire internationale et la gestion du dossier des armes des factions.